LES 20 PLUS GRANDS LIVE DU ROCK



Le concept de « l’album live » est un classique de la mythologie rock vite devenu incontournable. Parfois un prétexte pour les musiciens servant à masquer une panne d’inspiration, mais quelques fois aussi le réceptacle de moments grandioses et uniques. Une poignée d’albums rock ont réussi à atteindre cette apothéose. On ne sait pas pourquoi exactement. Qu'y avait-il de particulier dans la salle de concert ce soir-là qui permis à un groupe d’être plus performant que la veille mais surtout plus bouleversant que toutes les autres fois ? Certainement une somme de coïncidences… mais aussi quelque chose de plus obscur ayant peut-être à voir avec le surnaturel ou le chamanisme, tant certains concerts mémorables s’apparentèrent à une sorte de rituel urbain fascinant, fait ici d’idéalisme généreux, ou là de nihilisme radical, approchant la transcendance des sens. 

On aurait tort de penser que la condition sine qua non validant la grande valeur d’un disque live serait sa propension à proposer une interprétation proche de la perfection, sans fausses notes ni fractures de l’âme, une maîtrise idéale de la musique que l’on obtient en principe dans les seules conditions du studio. Même si certains albums de mon panthéon correspondent à cette option, il est intéressant de constater que c’est au contraire lorsque les choses semblent chaotiques, ou moyennement contrôlées et exposées aux aléas de l’instant, que l’on obtient cette espèce de cérémonie païenne hallucinante où tout semble possible, où les limites et le contraintes du quotidien s’évanouissent ou se distordent en faisant place, parfois dans le chaos, à quelque chose de transcendant et de sublime que l’on ne peut nommer. Durant ces quatre dernières décennies, onze groupes anglais, un groupe irlandais, un groupe norvégien, un groupe allemand, un groupe français, deux groupes australiens et deux groupes américains ont connu cette transcendance, cet état de grâce créatrice qui fut par bonheur enregistré puis gravé sur disque. Ces vingt plus grands moments live, indispensables à toute discothèque rock qui se respecte, en voici ci-dessous la liste exhaustive, avec extraits à l'appui. Extraits qui, quelles que soient leurs qualités intrinsèques, ne sont bien entendu qu'un pale témoignage de ce qui devait se passer réellement dans la salle ce soir-là. Mais ce sont les limites du disque ou de la vidéo. A noter d'ailleurs que les vidéos You Tube ou Dailymotion ci-dessous n'ont évidemment pas la qualité sonore que l'on peut trouver sur les disques vinyles ou CD à l'aide d'une bonne chaîne Hifi, mais je pense que cela, vous vous le savez pertinemment...


Rendez-vous en fin de chronique pour la suite de ce texte, concernant quelques absents de cette liste…


(PRÉCISIONS À PROPOS DES DATES : lorsqu'il y en a deux, la première indique l’époque à laquelle le concert a été enregistré, la deuxième indique l’époque où le disque a été commercialisé. Quand il n’y en a qu'une, vous l’aurez compris : le disque a été commercialisé dans la foulée de son enregistrement). 

 

1 - MAGMA (France) - LIVE IN TOKYO (2005/2009)
Commencer cette anthologie des « vingt plus grands live du rock » avec un enregistrement de Magma pourra apparaître comme une incongruité tant l’œuvre de Christian Vander ne peut être réduite à ce genre binaire limité, elle qui depuis plusieurs décennies incarne idéalement la Zeuhl, cette musique inventée par Vander aux frontières du jazz rock, du progressif, du chant choral et de la musique savante contemporaine. Mais on sait que le terme « rock » a évolué avec les années pour finir par rassembler en vrac toutes les musiques électriques d'essence « rebelle » (dans le cas de Vander, disons « dissidence »). Depuis 1970 le leader de Magma Zebëhn Straïn dë Geustaah (Christian Vander en kobaïen, langue qu’il a lui-même inventée) propose sans faiblesses ni renoncements une expérience créative unique au monde et jamais envisagée avant lui, une musique alternative profondément européenne expérimentant de nouveaux schémas sonores et mentaux en opposition à la musique anglo-saxonne hégémonique. Magma est donc le projet musical ambitieux d'un homme tout à fait fascinant, autodidacte multi-instrumentiste, compositeur et chanteur, maître dans l’art de la batterie, inventeur d'une nouvelle langue étrange et d'une mythologie moderne inspirée des civilisations anciennes d'Europe centrale ou d'Égypte. Il suffit de l’écouter et de le voir jouer : Christian Vander ne fait pas de la musique, il « est » musique. Christian Vander ne joue pas de plusieurs instruments, il « est » instruments. Il existe plus d’une dizaine d’albums en concert de Magma. Beaucoup de fans sont attachés au premier d’entre eux (chronologie oblige), le fameux Live/Hhaï de 1975. D’autres privilégient le coffret Theusz Hamtaahk Trilogie de 2001 célébrant le trentième anniversaire du groupe. Le Live in Tokyo de 2009 et le Retrospektïw de 1981 (disque traité plus bas, en deuxième position) sont pour moi un cran au dessus des autres. Celui de 1981 pour son exceptionnelle fluidité musicale et la puissance de son interprétation, et le Live in Tokyo de 2009 pour sa célébration du mythique Ka, l’une des plus belles compositions de Vander, ici interprétée dans la grâce face à un public d’amoureux japonais inconditionnels de la Zeuhl depuis plus de trente ans.

MAGMA - KA (PARTIE 2/3) - VIDÉO EPOK 4

MAGMA - KA (PARTIE 2/3) - La belle HIMIKO PAGANOTTI À 6mn40


MAGMA - KA VERSION STUDIO (EXTRAIT)


MAGMA - JAPAN TOUR 2009 (PARTIE 1 - VANDER PIANO SOLO)


MAGMA - JAPAN TOUR 2009 (PARTIE 2 - CONCERT À TOKYO)



2 - MAGMA (France) - RETROSPEKTIW VOL. 1 ET 2 (1980/1981)
Continuer cette anthologie des « vingt plus grands live du rock » avec un autre enregistrement de Magma pourra apparaître répétitif, mais c’est pourtant indispensable et logique tant il me parait impossible de faire figurer les autres références de cette liste avant celle-ci. Et après tout, songerait-on à se plaindre d’avoir deux fois du caviar au menu d’un même repas ? Assurément non ! Manière de bilan copieux concocté par Christian Vander à la fin du premier cycle de Magma (et avant que la formation ne rentre dans un grand sommeil dont elle n’émergera vraiment qu’avec l’exceptionnel KA en 2004), le double album Retrospektiw vol. 1 et 2 (et le simple Retrospektiw vol.3) réunissent les enregistrements prodigieux des trois concerts donnés à l’Olympia en juin 1980 pour les 10 ans du groupe. Pour la première fois est enregistré dans son intégralité Theusz hamtaahk, le premier mouvement de la trilogie du même nom, accompagné du troisième, Mekanik destruktiw kommandoh, dans une proposition plus accessible que la version studio enregistrée en 1973. Quels concerts exceptionnels ! Une fluidité musicale et une puissance d’interprétation impressionnantes. Une démarche artistique amenée à son apothéose. On n’oubliera jamais l’intervention hallucinante que Christian Vander fait en introduction de Mekanik destruktiw kommandoh, débutant sa sentence d’une voix grave et implacable qu'il module petit à petit, atteignant des aigus presque stridents, effet qui rajoute encore au côté apocalyptique du verbe : « Terrien, si je t'ai convoqué, c'est parce que tu le mérites ! Ma divine et Ô combien cérébrale conscience m'oblige à le faire ! Tes actes perfides et grossiers m'ont fortement déplu ! Les sanctions qui te seront infligées dépasseront les limites de l'entendement humain, et inhumain ! Car tu as, en ton incommensurable orgueil et ton insondable ignorance, impunément osé me défier, me provoquer, et déclencher dans toute son immensité ma colère effroyablement destructrice, entraînant inexorablement ton châtiment, race maudite ! »

MAGMA - RETROSPEKTIW 1-2 (THEUSZ HAMTAAK EXTRAIT)



3 - THEATRE OF TRAGEDY (Norvège) - LAST CURTAIN CALL (2010/2011)
Le groupe tellurique Theatre of tragedy, précurseur d’un gothic metal flamboyant souvent imité mais jamais égalé, a conclu avec cet ultime concert son aventure audacieuse commencée en 1992 dans les brumes de sa Norvège natale. A la fin de leur tournée 2010, les musiciens donnèrent rendez-vous à leurs fans à Stavanger, la ville où ils débutèrent deux décennies plus tôt, pour une dernière prestation live particulièrement émouvante, filmée magistralement et dominée par les irremplaçables et charismatiques chanteuse et chanteur Nell Sigland et Raymond J. Rohonyi. Dans ce concert d’adieu qui fleure bon le paganisme nordique sont présents certains morceaux emblématiques qui ont fait la renommée du groupe tels And when he falleth (et son duel équilibré de chants gutturaux/éthérés propre à la thématique du combo), l’épique Hide and seek (titre phare de leur dernier album studio Forever is the world, voir la vidéo ci-dessous), ou encore Der tanz der schatten entièrement chanté en allemand (single qui fit les belles heures de nombreux clubs gothiques d’Europe en 1996, devenant même l’hymne incontournable de la scène gothic metal). Capturé sur CD et DVD, Last curtain call restera le testament idéal et envoûtant d’un groupe unique. 

THEATRE OF TRAGEDY - LAST CURTAIN CALL (HIDE AND SEEK)



4 - GARY NUMAN (Angleterre) - THE PLEASURE PRINCIPLE LIVE (2009/2010)
Le 3 décembre 2009 au 02 Indigo London l’androïde aristocrate britannique célébra les 30 ans d’existence de son disque classieux et glacial The pleasure principle, ce qui permis de constater la pertinence intacte de cet opus innovant et son impact rythmique d’enfer resté à jamais un modèle du genre (autrefois Paul Gardiner à la basse et Cedric Sharpley à la batterie). Le Numan d’aujourd’hui s’appropria ses anciennes compositions en osmose avec des musiciens de la nouvelle génération tous prometteurs et apparemment admirateur du maître-robot plus que jamais dans une mouvance darkwave inspirée. La magie des créations minimalistes telles que l’aérien Airlane, le radical Metal, les uniques en leur genre Films et M.E. ou encore le hit Cars (n° 1 en Angleterre en 1979, et au Canada en 1980, 9ème aux USA) reste fascinante, et maintenant porteuse de nostalgie puisque le temps a passé, et qu’il passe toujours et encore irrémédiablement. À l’époque, après une première période intense de succès de 1978 à 1980 dont The pleasure principle et Replicas constituèrent la pierre angulaire, la musique de Numan perdit petit à petit son originalité et sa vigueur au point de sombrer dans une pop-dance-synthétique indigeste (1981-1992) avant un retour à l’inspiration inespéré pour un rock industriel et darkwave émouvant (de 1994 à aujourd'hui). Proposé en CD et DVD, cet enregistrement confirme que les concerts de Gary Numan sont depuis quelques années parmi les plus originaux et marquants que l’on ait pu voir au sein de la scène rock anglaise contemporaine.


GARY NUMAN - THE PLEASURE PRINCIPLE LIVE (CARS)


5 - AC/DC (Australie) - IF YOU WANT BLOOD...YOU'VE GOT IT ! (1978)
Quand on parle d’électricité massive dans le rock, celui-là fait figure d’étalon. Seul album live d’AC/DC mettant en valeur son mythique chanteur Bon Scott (qui mourra deux ans plus tard et sera remplacé par le terne Brian Johnson), le disque est l’un des plus fameux du combo, et son meilleur live. La puissance et l’animalité du chant de Scott alliées aux notes thermonucléaires de la guitare d’Angus Young explosent à chaque morceau, bien soutenues par la rythmique diabolique de Cliff Williams à la basse, de Malcom Young à la guitare, et de Phil Rudd à la batterie. A l’image du coléreux classique Riff raff qui débute la première face du vinyle d’origine, If you want blood…you’ve got it est un disque qui vous saute à la gorge et ne vous lâche plus jusqu’à la dernière note. Je l’ai découvert à sa sortie lorsque j’avais quatorze ans (mon dieu, cette pochette !), et je ne m’en suis jamais remis.


AC/DC - IF YOU WANT BLOOD (BAD BOY BOOGIE)



6 - PUBLIC IMAGE LIMITED (Angleterre) - PARIS AU PRINTEMPS (1980)  
Le premier album live de la nouvelle formation de Johnny Lydon après son départ des Sex pistols fut un événement pour ceux qui le découvrirent à l’époque en croyant tout savoir sur l’essence du rock. Interloqués, ils assistèrent avec ce disque à un nouveau langage. Une refonte totale de la grammaire rock’n’rolliènne, qui ne devait plus rien au blues et au jazz de grand papa. La très grande modernité du groupe devra beaucoup au bassiste Jah Wobble et au guitariste Keith Levene qui tous deux utilisèrent leurs instruments comme jamais on ne l’avait fait auparavant dans le rock. Des visionnaires, créateurs d’une musique exigeante aux apparences loufoques, mais finalement peu facile d’accès pour un grand public dérouté. Est-ce cette difficulté qui convaincra l’insaisissable Lydon de modifier la musique du groupe à partir du quatrième album (le déroutant, dansant et clownesque  This is what you want... This is what you get) afin d’aboutir hélas à une musique de plus en plus commerciale et de moins en moins pertinente, trahissant à jamais l’originalité des débuts ?

  PUBLIC IMAGE LIMITED - PARIS AU PRINTEMPS (PRÉCIPITAMMENT)


7 - THE WHO (Angleterre) - LIVE AT LEEDS (1970)
Le 14 février 1970, la bande de Pete Townshend donna un concert survitaminé à l’université de Leeds, qui fut heureusement enregistré et commercialisé, devenant vite l’album live de référence pour quelques années. Les quatre anciens Mods des sixties entraient ainsi de plain-pied dans les seventies, ayant démocratisé leur rock pour l’occasion en le délestant quelque peu de son influence rhythm’ n’ blues des débuts. C’est aussi leur premier album live, où se distingue plus que jamais le regretté Keith Moon, batteur fou à l’énergie et l’humour dévastateurs qui, de par son excentricité scénique, obligeait les autres membres du groupe à faire dans la surenchère (les moulinets de guitare de Townshend et ses sauts de Zébulon préfigurant le pogo des futurs punks, les circonvolutions acrobatiques du chanteur Roger Daltrey avec son micro-lasso, exhibitions auxquelles répondait le bassiste John Entwistle par une détonante impassibilité, génial contre-pied). Et puis surtout, par-dessus tout cela : une overdose d’électricité, comme chez AC/DC quelques années plus tard. Un déluge de watts à l’état brut. Du rock’ n’ roll, quoi.

THE WHO - LIVE AT LEEDS (YOUNG MAN BLUES)



8 - FIELDS OF THE NEPHILIM (Angleterre) - CEROMONIES (2008/2012) 
En une poignée de classiques qui auront embelli le rock gothique anglais (les albums Dawnrazor en 1986, The nephilim en 1988, Elizium en 1990, et Mourning sun en 2005) Fields of the nephilim, emmené par son charismatique chanteur Carl Mc Coy, aura su réunir depuis près de trois décennies des passionnés de musique transcendante venus de toutes les chapelles, du rock classique indépendant au darkwave radical en passant par le néo-progressif introspectif sans oublier le gothic metal et le heavy metal. Le live Ceromonies est un témoignage musical précieux (disponible en CD, DVD et double vinyle) qui regroupe les deux concerts donnés au Shepherds bush empire de Londres les 12 et 13 juillet 2008. Un spectacle bien rodé par les nombreuses prestations données ces dernières années sur diverses scènes d’Europe qui permet au groupe de revisiter certains de ses plus fameux morceaux tels les marquants Psychonaut, Moonchild, Trees come down, Celebrate, Preacher man ou Wail of sumer, tout en magnifiant face à un public en adoration quelques titres récents dont les intenses Mourning sun et Requiem XIII-33. Le disque Ceromonies et le DVD du concert sont finalement parvenus à faire de l’ombre au précédent live Earth inferno de 1991 qui était déjà une référence en son genre. Carl Mc Coy et ses quatre anges déchus : une expérience musicale et visuelle définitivement fascinantes.

FIELDS OF THE NEPHILIM - CEROMONIES (MOURNING SUN)

9 - THE ROLLING STONES (Angleterre) - GET YER YA-YA'S OUT (1969/1970)
Indéniablement le meilleur album live des Rolling stones, représentatif de l’âge d’or du groupe (et du rêve hippie qui bientôt se brisera sur les cruels récifs de la réalité). Le disque compile d’incontournables chansons enregistrées lors de la triomphale tournée américaine des Stones aux États-Unis en 1969 (ah ! les riffs magistraux de Keith Richards et le flegme croustillant de Charlie Watts !), concerts qui seront aussi en partie filmés et présents dans le mythique documentaire Gimme shelter (qui montre en fin de programme le catastrophique concert gratuit des Stones à Altamont en décembre 1969 clôturant leur tournée américaine. Censé être une réponse au séduisant festival de Woodstock organisé quatre mois plus tôt, ce concert regroupant 300 000 personnes fut un cauchemar, émaillé de violences entre les Hells angels du service d’ordre et le public sous acide, violences qui aboutiront à quatre morts dont l’assassinat devant la scène, et sous l’œilleton de la caméra, d’un jeune noir muni d’un pistolet). Disponible en CD et DVD remastérisés.

THE ROLLING STONES - GET YER YA-YA’S OUT (LITTLE QUEENIE)



10 - THE CASSANDRA COMPLEX (Angleterre) - BEYOND THE WALL OF SLEEP (1992)
  
Ce double album résume à merveille la tournée européenne que Rodney Orpheus et son groupe, adorateurs du sulfureux occultiste Aleister Crowley, entameront dans le sillage de la sortie en 1992 d’un de leurs meilleurs opus, le très intense The war against sleep qui marquera une étape nouvelle dans leur carrière, avec une musique moins radicale et plus posée mettant en avant des mélodies toujours plus accrocheuses. Ces concerts furent d’autant plus une réussite que Orpheus semblait enfin totalement libéré sur scène, à l’aise avec son public, et ne présentant pas le coté légèrement étriqué qu’on pouvait déceler sur le précédent live Feel the width en 1987, nettement plus étouffant et destroy (mais tous deux certifiés « sans overdub »). Formé en 1980 dans la mouvance glaciale de la new-wave anglaise naissante, The cassandra complex restera l’un des plus excitants combos de cette période et l'un des plus sous-estimés par la « critique officielle », ayant rapidement trouvé sa voie avec une musique originale haletante et sombre, synthétique mais gardant les bases instrumentales fondamentales du rock (guitare et basse électriques) tout en usant de percussions électroniques d’une manière souvent très speed. Leurs sept albums studios sont tous succulents mais s'en détachent le premier Grenade en 1986, leur chef-d’œuvre introspectif Theomania en 1988, et l’apaisé The war against sleep cité plus haut, beaux témoignages d'un univers musical dark parfois agressif mais souvent mélodieux qui gagne à être connu en ces temps de formatages musicaux toujours plus désespérants.


THE CASSANDRA COMPLEX - MOSCOW IDAHOE/GHOSTRIDER (LIVE '87)


11 - THE PINK FLOYD (Angleterre) - UMMAGUMMA (1969)
Lors de sa sortie en octobre 1969, le quatrième album des Pink floyd clôtura de la plus belle des manières la période psychédélique du groupe en marquant les esprits avec ses deux faces enregistrées en concert, plus deux autres en studio où les musiciens proposaient chacun une composition personnelle. Ce fut un immense succès artistique et commercial, à la grande surprise des membres de la formation qui à l’époque ne l’appréciaient guère. Le disque studio fait montre d’une grande originalité et d’un certain humour surréaliste (cf les deux créations de Roger Waters). La partie live, envoûtante, nous fait entendre le groupe au meilleur de sa forme, avec un son aérien d’une profonde étrangeté qui sait rester fidèle à l’esprit fantasmagorique de leur leader des débuts, l’irremplaçable Syd Barrett, tout en y ajoutant des touches nouvelles. Toute personne s'aventurant dans ce disque pour la première fois ne peut généralement pas oublier le sentiment indéfinissable et inédit qui l’envahit à son écoute. Un chef-d’œuvre expérimental et émotionnel unique en son genre.

PINK FLOYD - UMMAGUMMA (CAREFUL WITH THAT AXE, EUGENE)



12 - THE BIRTHDAY PARTY (Australie) - LIVE 1981-1982 (1981-1982/1995)
Avant de devenir le crooner que l’on connait - gentiment décadent, casse-bonbon, adoré des bobos -, Nick Cave fut le chanteur impressionnant de cette formation post-punk australienne majeure qui devait beaucoup à la singularité de son guitariste Rowland S. Howard et au martèlement martial de la basse du regretté Tracy Pew décédé d’une overdose en 1986. Une musique organique, tribale, darkwave mais aussi blues par moments, hypnotique et souvent agressive, inspirée en partie par les Stooges, et refusant la mélodie au risque de paraître inaccessible au grand public. Ce disque posthume, seul live autorisé par le groupe, compile d’excellents enregistrements allant de novembre 1981 à septembre 1982 (dont l’inédit Bully bones, fulgurant et addictif ici, précédemment connu dans une autre version live hélas bien terne sur les Peel sessions, et dont on se demandera toujours pourquoi il n’a jamais été retenu pour un album studio), tous au bord de la rupture, d’une rare animalité, et représentatifs de ce groupe déroutant. Il a fait l’objet d’une belle édition en double vinyle 180gr chez 4AD avec le CD offert en bonus.


THE BIRTHDAY PARTY - FEARS OF GUN


13 - RORY GALLAGHER (Irlande) - LIVE IN EUROPE (1972)
Personnalité simple et pure des seventies, uniquement préoccupé par le désir d’être fidèle à ses musiques de prédilection (le blues et le boogie), Rory Gallagher se distinguera par un jeu de guitare parmi les plus virtuoses de l’époque, et un chant limité en adéquation avec la rugosité que demande le style blues-rock. Un temps pressenti pour remplacer Brian Jones au sein des Rolling stones, seuls sa timidité et son manque d’orgueil l’empêcheront d’être sur le devant de la scène, à égalité avec ses brillants contemporains Jimmy Page, Eric Clapton, Johnny Winter, Ted Nugent ou Jimi Hendrix. Certains considèrent que Irish tour 74 est son meilleur live. Ils ont tort. C’est bien le Live in Europe de 1972 qui remporte la palme, n’étant pas engoncé par les boursouflures du live de 1974 (les claviers inutiles de Lou Martin) et sachant rester efficace avec la seule alchimie guitare/basse/batterie.

RORY GALLAGHER - LIVE IN EUROPE (BULLFROG BLUES)


14 - LED ZEPPELIN (Angleterre) - THE SONG REMAINS THE SAME (1973/1976)
Comment fut-ce possible que le meilleur live de la plus grande formation hard rock de l’histoire soit pendant tant d'années victime d’une si mauvaise réputation ? Le facteur principal expliquant ce paradoxe est à chercher du coté de la mauvaise foi des journalistes rock qui à l’époque faisaient la pluie et le beau temps via des magazines musicaux à grand tirage (Internet, n’existant pas, ne les avait pas encore ringardisés). En effet, ce beau monde branché de la fin des années 70 n’en finissait pas de célébrer l’éclosion des nouveaux courants de la scène new-yorkaise (puis rapidement londonienne) qui, du punk à la new-wave, organisaient déjà le bûcher crépitant dans lequel se consumeraient bientôt les groupes de la génération précédente jugés subitement arriérés ou pompeux (rock progressif, pop californienne, ou folk acoustique). La décision de sortir le live en même temps qu’un film de cinéma (présentant le concert entrecoupé de séquences où étaient mis en scène les différents membres du groupe) fut aussi perçue comme une insupportable prétention de la part des quatre musiciens qui s’étaient plus d'une fois illustrés par leur manque d’humilité. La rumeur perfide assurant que The Song remains the same était boursouflé et poussif se propagea pendant quelques années. Aujourd’hui, avec le recul du temps et l’apport des nouvelles technologies, elle n’a plus lieu d’être. L’édition Blu-ray du film, restauré et remastérisé en haute définition avec son Dolby TrueHD 5.1, a su rendre justice à ce long métrage original dont les séquences oniriques apparaissent enfin à leur juste valeur. L’image très léchée et le son HD restituent idéalement ce concept musical dans toute sa pertinence et confirment que Led zeppelin n’avait pas volé sa réputation de « plus percutant groupe de scène ». De plus, les bonus permettent de découvrir des séquences qui n’étaient pas dans le film sorti en salle, notamment l’irrésistible Celebration day dont on pouvait néanmoins savourer l’animalité dans le disque original, ou encore Over the hills and far away (voir la vidéo ci-dessous). Avec l’image c’est encore mieux. Dans tous ces enregistrements, une évidence : c’est bien Jimmy Page qui se taille la part du lion, plus que les autres membres du groupe, impressionnant l’auditeur par la fulgurance enchanteresse de son jeu de guitare sans égal au style si mystérieusement reconnaissable.

LED ZEPPELIN - THE SONG REMAINS THE SAME (OVER THE HILLS AND FAR AWAY)



15 - ECHO AND THE BUNNYMEN (Angleterre) - LIVE IN LIVERPOOL (2002)  
Mélange audacieux de psychédélisme venant tout droit des années 60 et de rock noir coldwave ancré dans un post-punk typiquement anglais, le groupe du chanteur inspiré Ian McCulloch et du guitariste habité Will Sergeant s’est bonifié avec le temps pour devenir une formation incontournable, tour à tour épique et introvertie, glorieuse et humble, énergique et apaisée. Ce Live in Liverpool disponible en CD et DVD est la somme de deux concerts admirables donnés au Paul McCartney's Liverpool of performing arts en août 2001 suite à la reformation des musiciens effectuée en 1997. Le groupe n’est pas toujours égal en concert. Autant ce live est exceptionnel, autant celui qui lui succédera en 2007 est médiocre (le DVD Dancing horses, à l’interprétation fausse et à la photographie imprécise). A l’instar de ce Lips like sugar (en vidéo ci-dessous), idéal dans ce concert de 2001, et totalement raté en 2007. Ce qui illustre ce que j’écrivais en introduction de cette page : « (…) Une poignée d’albums rock ont réussi à atteindre cette apothéose. On ne sait pas pourquoi exactement. Qu'y avait-il de particulier dans la salle de concert ce soir-là qui permis à une groupe d’être plus performant que la veille mais surtout plus bouleversant que toutes les autres fois ? Certainement une somme de miraculeuses coïncidences… et aussi quelque chose de plus obscur et lumineux (…) ».

ECHO AND THE BUNNYMEN - LIVE AT LIVERPOOL (LIPS LIKE SUGAR)


16 - TEN YEARS AFTER (Angleterre) - RECORDED LIVE (1973)
Si il y a un joueur de six cordes électriques qui mérite le qualificatif de guitar hero c’est bien le subtil Alvin Lee, leader, compositeur, guitariste et chanteur du plus inspiré des groupes de blues-rock issus de la perfide Albion. Mêlant la sauvagerie du rock’n’roll au swing du jazz et du blues qu’il savourait enfant via les disques de ses parents, Lee contribuera à l’émergence du British-blues en fondant Ten years after et deviendra mondialement célèbre en 1969 au festival de Woodstock grâce à sa version inoubliable du titre I’m going home. Mais Alvin Lee sera aussi le créateur de nombreuses chansons inspirées souvent très belles (I'd love to change the world, If you should love me, 50,000 miles beneath my brain) prenant racine dans un folk parfois d’inspiration celtique (I don't know that you don't know my name) qui viendront enrichir le contenu d’une poignée de disques déjà très originaux (où l’organiste Chick Churchill donnera la pleine mesure de son talent). L’indispensable double album Recorded live, quasi-mythique dès sa sortie en octobre 1972, reste un témoignage goûteux du combo face à son public, et présente des morceaux de choix issus des concerts généreux donnés lors de cette tournée européenne qui passa par Francfort, Rotterdam, Amsterdam ou encore Paris. 

TEN YEARS AFTER - RECORDED LIVE (HELP ME)


17 - KILLING JOKE (Angleterre) - HA ! (1982)
Guitare saturée, ambiances apocalyptiques et hypnotiques, chant tribal et unique en son genre, le premier live du groupe post-punk/darkwave Killing joke marqua les esprits (et les oreilles) des chanceux qui purent l’écouter lors de sa sortie en 1982. Proposant seulement six titres pressés en format maxi-45 tours, il n’était pas évident à trouver hors des frontières de l’Angleterre. En 2005, sa publication en CD remastérisé réglera ce problème (réédition agrémentée de trois titres inédits et supervisée par le chanteur du groupe lui-même, l’énigmatique Jaz Coleman). Lors de ces deux concerts au Larry's hideaway de Toronto les 9 et 10 août 1982, Killing joke est encore dans l’intensité et la fraîcheur de ses débuts, pas encore atteint par les crises existentielles et artistiques de ses différents membres. On retrouve l’ambiance sidérante des premiers albums studios, notamment les marquants Killing joke et What’s this for !. Indispensable.

KILLING JOKE - SUN GOES DOWN LIVE 1984



18 - SCORPIONS (Allemagne) - TOKYO TAPES (1978)
Le plus célèbre des groupes allemands (à égalité avec Kraftwerk et Tangerine dream) ne fut pas pour autant irréprochable en regard de sa production d’un hard rock dérivant parfois vers la mièvrerie et le commercial, à l’image de ses ballades sirupeuses et très dispensables telles Still loving you, Wind of change, Send me an angel ou You and I. En 1978 les dérives ne sont pas encore là, et la formation teutonne offre à ses fans japonais survoltés (le premier public de masse à avoir starifié le groupe) son meilleur album live, incandescent et électrique, où le virtuose Ulrich Roth donne toute la mesure de son talent pour la dernière fois, quittant ensuite ses camarades au moment de la sortie du disque qui se vendit à plus d’un million d’exemplaires. Si vous ne devez avoir qu'un Scorpions, c’est celui-là.

SCORPIONS - TOKYO TAPES (BACKSTAGE QUEEN)


19 - CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL (Amérique) - LIVE IN EUROPE (1971/1973)
Oui, il y a bien eu un « Boss » du rock'n'roll aux USA. Seulement, son prénom n’est pas Bruce comme certains le prétendent, mais John. De 1968 à 1972, John Fogerty et son groupe donnera à la planète rock un nombre impressionnant de classiques, des chansons imparables alliant l’animalité du blues avec l’essence mélodique de la country, saupoudrées d’un zeste de modernité rock issue des années psychédéliques et hippies. Rarement un artiste fut aussi efficace et marquant que Fogerty, sur scène comme en studio : un guitariste et vocaliste hors pair sachant boucler en quelques minutes de courtes chansons vivifiantes de Roots rock aux refrains immortels, exhalant le parfum de la Louisiane et appréciées par un public issu des quatre coins du monde. Ce live posthume publié un an après la fin de Creedence clearwater revival reste représentatif de la puissance du groupe, ici rendu à sa plus simple interprétation guitare/basse/batterie après le départ de Tom Fogerty, frère de John, qui assurait auparavant les parties de guitare rythmique. Disque indispensable, dont on privilégiera l’édition japonaise du CD, l’enregistrement étant remastérisé en 20bit et accompagné d’une pochette de carton épais respectant celle du 33 tours d’origine. Sinon il y a encore mieux : on réécoute carrément le LP sur une bonne platine disque, d'autant qu'il vient d’être réédité soigneusement en bénéficiant de la qualité avec laquelle on fabrique les vinyles de nos jours (pâte de premier choix sans commune mesure avec celle qu'on utilisait il y a trente ans, édition en 180gr).

CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL - LIVE IN EUROPE (SWEET HITCH HIKER)


20 - THE DOORS (Amérique) - ABSOLUTELY LIVE (1969/1970)
Ce groupe fondamental à la longévité aussi courte que sa discographie offrit pourtant au monde du rock une création singulière parmi les plus influentes et durables. Une recherche artistique incarnée par l’éphèbe Jim Morrison mêlant musiques binaires et longues plages d’improvisations, poésie païenne et désir de libération des âmes par la transe chamanique et le dérèglement des sens. Un apport d’une richesse incandescente à cent lieux de la posture mais qui consuma son leader charismatique de l’intérieur. Ce chanteur à la beauté insolente rappelant l’ère des statues grecques était sans l’ombre d’un doute un remarquable poète, auteur de vers libres illustrant bien sa recherche esthétique personnelle parasitée par le désarroi qu’impliquait son constat sur la société humaine. Compilant diverses prestations scéniques datant de 1969 le double album Absolutely live est un disque à part, inclassable, pétri de blues et de rock échevelé à connotations théâtrales où l’organiste Ray Manzarek se taille la part du lion. Il est de ceux qu’on ne peut oublier. Qui nous hantent à jamais.

  THE DOORS - ABSOLUTELY LIVE (SOUL KITCHEN)




Oh bon sang de bonsoir, nom d’une vache, quand on voit et qu'on entend tout ça à la file, ça décoiffe ! Bon reprenons nos sens, restons calmes, méfions-nous de nos nerfs, ne nous fâchons pas. Comme prévu, suite et fin de cette chronique, avec quelques précisions concernant l’absence de certains albums considérés généralement comme de grands albums live et qui ne figurent pas dans mon panthéon. La raison s’explique, outre le fait des contingences liées à mes goûts personnels, par leur nature qui ne colle pas avec ma thématique rock. En effet, un album mythique comme The turning point de John Mayall n’a pas été retenu car il correspond à la catégorie spécifique du blues (acoustique de surcroît) et qu'il est donc hors sujet (bien que je le conseille vivement à ceux qui ne le connaissent pas encore). Idem pour le remarquable classique d’Eric Clapton Just one night. Ou pour le Royal Albert hall, London May 2-3-5-6, 2005 de Cream, magnifiques concerts donnés en Angleterre lors de la reformation temporaire du groupe. Enfin il y a les géants d’argile, ceux que je considère comme de fausses valeurs mais qui ont la peau dure car bénéficiant d’un engouement de masse dépourvu de toute objectivité, correspondant au désir pernicieux de coller aux effets de mode du moment et à l’allégeance absurde à l’Empire dominant (les USA, dont la production culturelle ne fut pour l'Europe et le reste du monde qu'un pernicieux cheval de Troie). 
Ainsi qu'à la pensée unique déclamée par quelques journalistes faisant office de références depuis des décennies (références totalement usurpées et reposant uniquement sur la puissance - réelle mais artificielle - des médias auxquels elles sont assujetties). Situation emblématique de la difficulté qu'ont un grand nombre de personnes à penser par elles-mêmes en faisant fi des chapelles de carton-pâte devant lesquelles une certaine dictature journalistique ou populaire voudrait que l’on s’agenouilla. Je pense notamment au groupe Allman brothers band dont le disque Live at fillmore east, souvent sanctifié, est portant d’un ennui mortel, et par moments digne des musiques d’ascenseurs qui sont parfois diffusées dans les grands buildings. Idem pour le live One more from the road de Lynyrd Skynyrd, ainsi que le Live 1975-85 de Bruce Springsteen, artiste qui reste une icône pour certains mais un usurpateur ennuyeux pour beaucoup d’autres (dont je fais partie), ayant tout piqué à John Fogerty (leader de Creedence clearwater revival) sans en avoir son génie et sa concision, pour finalement livrer une musique nettement moins excitante que celle produite par ce dernier, et même totalement plan-plan et petite-bourgeoise. Deux autres icônes non retenues : le Kick out the jams des MC5, combo boursouflé à la légende très surfaite qui livre un disque hystérique et médiocre, à part un seul moment remarquable d’intensité (le titre Come together, mais 4mn34 de bon rock'n'roll sauvage sur 40 mn, c’est trop peu), et le Made in japan de Deep purple qui reste un best seller dans ce domaine, emblématique double LP que des générations de gamins (dont j’ai fait moi-même partie) ont écouté jusqu'à l’usure totale, poussant le volume de l'ampli à fond la carlingue au risque de se faire exploser par leurs parents désemparés… 
Mais franchement, est-ce qu'il ne faut pas reconnaître aujourd'hui que ce disque n’a pas forcément bien vieilli, et que ses constants hurlements et solos démonstratifs assez lourdingues n’apparaissent plus tellement pertinents ni modernes en cette deuxième décennie du 21ème siècle ? Non retenus non plus les pionniers américains du rock des fifties (Elvis and Co…) puisque les choses sérieuses ne commencèrent pour le rock qu'à partir du milieu des années soixante, et en Angleterre de surcroît (véritable patrie du rock) ! N’oublions pas non plus les paradoxes incompréhensibles, c’est-à-dire les grandes formations élaborant des disques live très décevants. C’est le cas du Strangers in the night d’UFO, ce combo excellent dont j’aime certains disques studios mais dont je ne reconnais pas la supposée excellence de leur live qui m’apparaît surtout très banal. Idem pour Grateful dead, groupe légendaire aux concerts marathons qui jamais ne pu retranscrire totalement sa magie scénique sur disque. La mission faillit pourtant être atteinte en 1969 avec leur célèbre double album Live/dead proposant une première face absolument remarquable, ce Dark star de 23 minutes faisant naître chez l’auditeur des sensations troublantes, colorées, puis hélas trois autres faces totalement quelconques et redoutablement ennuyeuses.
Enfin, trois derniers mots : le premier, concernant un groupe qui m’est cher puisque c'est celui que je préfère, et dont j’ai posté deux photos en début de texte. Il s’agit du groupe anglais néo-psychédélique et shoegaze Spotlight kid. Je n’ai pu hélas les insérer dans cette liste malgré leur excellence divine, pour la simple raison qu’ils n’ont pas encore sorti de disque live. Mais je tenais tout de même à les nommer. C’est chose faite (voir cependant en fin de page trois de leurs vidéos dont deux live, à ne pas rater). Deuxièmement, pour les inclassables Comes alive de Peter Frampton et Alive des inénarrables Kiss, deux disques qui sont au rock ce que la série Plus belle la vie est à la cité phocéenne… Ne perdons pas de temps à parler de choses insignifiantes, c’est une perte d’énergie. Et troisièmement, à propos des albums Live at Woodstock de Jimi HendrixRock in Rio d’Iron maiden, et Live and dangerous de Thin lizzy : on aura remarqué que ces derniers ne sont pas là, malgré leur réputation. Le problème est uniquement dû au fait que ma liste ne comporte pas 23 places, mais 20. Auquel cas ces trois références fameuses auraient été sélectionnées. Ce sont les aléas de ce type d’entreprise : il faut choisir. Et n’oublions pas que choisir, c’est renoncer.



PAGE FINALISÉE AU MOIS D'OCTOBRE 2012, ET RETOUCHÉE EN JUILLET 2016
TEXTES © CHRISTIAN LARCHERON