lundi 15 septembre 2014

« J’irai dormir chez vous » au Japon : Antoine de Maximy au pays du soleil levant...



Antoine de Maximy
Le projet du « Tintin cathodique » Antoine de Maximy est de visiter seul de nombreux pays, sans préparation initiale, et de débarquer dans des lieux qu'il ne connaît pas tout en filmant ses rencontres (superficielles ou plus profondes) grâce à de petites caméras lui laissant la liberté de mouvement car fixées sur ses vêtements. Le but ultime est de parvenir à se faire inviter chez l'habitant et même d'y dormir. Tout cela condensé en 52 minutes pour chaque épisode, montre en main ! Ce concept novateur a connu un grand succès d'audience sur France 5 et les DVD qui en furent tirés se vendirent comme des petits pains. J'ai une nette préférence pour celui-ci qui est consacré, pour sa première partie, aux péripéties de Maximy au Japon. Ce dernier explique dans les bonus qu'au moment de partir pour tourner au Maroc il apprit que la série allait peut-être s'arrêter faute de budget. Il décida donc à la dernière minute de changer sa destination qu'il croyait être la dernière pour s'envoler vers le Japon qu'il souhaitait absolument connaître. Et c'est avec cette manière franchement désinvolte qu'il débarqua à Tokyo dans l'improvisation la plus complète, avec seulement une chambre d'hôtel pour le soir (filet de sécurité en cas de rencontres infructueuses). Si les premiers moments furent difficiles notamment à cause de la langue il parvint petit à petit à s'adapter et à se faire comprendre des japonais rencontrés. Petite présentation de l’épisode par la production : « Antoine de Maximy parcourt la planète avec l’idée d’aller dormir chez l’habitant. Comme à son habitude, il porte sur lui plusieurs caméras qui filment ses rencontres en temps réel. Bien qu'il ne parle pas japonais et qu’il n’ait jamais mis les pieds au « pays du soleil levant », il débarque sans aucune préparation à Tokyo pour découvrir comment vivent les Japonais d'aujourd'hui. Bien évidemment, il compte éprouver l’hospitalité locale. Mais au Japon, il n’est pas d’usage d’accueillir ses amis chez soi, et encore moins les étrangers. La partie sera difficile. Très difficile. Il faudra beaucoup d’énergie et de diplomatie à Antoine pour entrer dans l’intimité de personnages aussi différents que le cuisinier d’un restaurant scolaire, un jeune surfeur décoloré gérant de karaoké et une famille qui tient une casse de voitures. Le Japon est également le pays de la technologie. Ici, il existe des toilettes hi-tec, bourrés d’électronique, de boutons et de réglages avec affichage à cristaux liquides. Le « trône du futur » ne laisse pas de marbre ! Le choc des cultures et la barrière des langues confrontées à la détermination optimiste d’Antoine de Maximy, provoque bien des situations cocasses. Mais c’est ainsi que l’on découvre un peuple étonnant, toujours prêt à rendre service. »


On peut d’ailleurs constater dans ce reportage l'extrême amabilité et l'accueil cordial dont font preuve les autochtones, attitudes qui brisent en miettes l'idée reçue selon laquelle le japonais serait peu liant et accueillant : quasiment toutes les personnes acceptent de loger pour une nuit le « squatteur » Maximy, ce qui est loin d'être toujours le cas dans les autres pays visités ! La rencontre avec Suguimoto, cuisinier dans un restaurant scolaire français est drôle, notamment lorsqu’il parle des coutumes d’hospitalité des japonais, mais aussi très émouvante lorsqu’il évoque sa femme défunte. Pas banale non plus celle avec le surfeur gérant d’un karaoké. Mais le moment le plus désopilant reste la rencontre du voyageur cathodique avec les propriétaires d’une casse de voitures provinciale qui l’accueillent chaleureusement et lui proposent le gite et le couvert. Le saké et la bière nippone décrispent l’atmosphère et c’est la bonne humeur qui s’installe lors d’un repas mémorable (voir le petit extrait vidéo hilarant ci-dessous). 


Si on peut faire un petit reproche au routard espiègle, c'est de ne pas assez nous montrer les sites millénaires nippons, même si l'on comprend que le caractère improvisé et précipité du voyage a forcement limité son aspect touristique. Mais on ne peut que louer la délicieuse humanité d'Antoine de Maximy, son humour franchouillard autant que british, et sa grande capacité d'écoute qui rendent confiants la quasi-totalité des gens qu'il rencontre lors de ses pérégrinations. Qualités humaines qui ajoutent encore à la richesse d'un programme original et dépaysant (et, oserais-je dire, désaltérant) dont le globe-trotter Maximy est assurément la vedette mais quasiment au même titre que ceux qu'il croise et qu'il met naturellement en valeur. Ce DVD est à posséder sans hésiter, même pour ceux qui ont déjà vu le programme à la télé car de sympathiques bonus les attendent, notamment des scènes inédites coupées au montage, et une scène de 10 minutes en multi-angle (sans parler du deuxième reportage consacré au périple du Globetrotter en Éthiopie, très intéressant lui-aussi mais hors sujet concernant ma présente chronique). 

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