mardi 28 janvier 2014

Miss Quenelle 2014 et Anti-Femen : un « deux en un » qui a tout pour plaire ! (+ les vers du poète visionnaire Casimir Delavigne [1793-1843], la chute de Manuel Valls (« Quand même ! »), LA FRANCE ÉTAT TOTALITAIRE, et enfin Marguerite Duras).





A vous, puissants du monde, à vous, rois de la terre,
Qui tenez dans vos mains et la paix et la guerre,
À vous de décider si lassés de souffrir,
Les grecs ont pris le fer pour vaincre ou pour mourir :
Si du Tage au Volga, de la Tamise au Tibre,
L’Europe désormais doit être esclave ou libre.
Libre, elle bénira votre auguste équité ;
Non qu’elle offre ses vœux à cette liberté
Qui des plus saintes lois s’affranchit par le glaive,
Marche sans but, sans frein, sur des débris s’élève,
Triomphe dans le trouble, et, vantant ses bienfaits,
Pour un abus détruit enfante cent forfaits.
La sage liberté qu’elle attend, qu’elle implore,
Qui préside à mes chants, que tout grand peuple adore,
Par le bonheur public affermit les états ;
Créant des citoyens, elle fait des soldats,
Enchaîne la licence, abat la tyrannie,
Des pouvoirs balancés entretient l’harmonie,
Réunit les sujets sous le sceptre des rois,
Rapproche tous les rangs, garantit tous les droits,
Et, favorable à tous, de son ombre éternelle
Couvre jusqu’aux ingrats qui conspirent contre elle !
Ainsi le chêne épais reçoit sous ses rameaux,
Défend des feux du jour ces immondes troupeaux
Qui, cherchant à ses pieds leur sauvage pâture,
Des gazons soulevés flétrissent la verdure,
Insultent vainement dans ses profonds appuis
Ce tronc qui leur prodigue et son ombre et ses fruits,
Et les écraserait de ses vastes ruines,
S’ils pouvaient de la terre arracher ses racines.

Casimir Delavigne, Les Messéniennes, Livre II, Épilogue (1835)



LA CHUTE DE MANUEL VALLS


« Voilà un « effet Dieudonné » que Manuel Valls n’avait peut-être pas anticipé en lançant son offensive à l’encontre de l’humoriste controversé. A en croire deux sondages, le ministre de l’Intérieur ne sort pas grandi aux yeux de l’opinion de cette polémique qui agite le landernau depuis plusieurs semaines. Au point que dans le baromètre Ifop pour Paris Match, il perd la place tant convoitée de personnalité politique préférée des Français. » (Sources pour ce paragraphe: Europe 1.fr - 14 janvier 2014).

RAPPEL DES FAITS  Le 6 janvier 2014, Manuel Valls ministre de l’intérieur demande aux Préfets d’interdire les spectacles de Dieudonné (qu’il juge antisémites) là où des risques de troubles à l'ordre public auront été constatés. La jurisprudence René Benjamin de 1933 sur les troubles à l'ordre public concernant la liberté de réunion ne permet pourtant pas l'interdiction préventive d'une manifestation artistique. 

Le 9 janvier 2014 à 14h20, le tribunal administratif de Nantes annule l'arrêté préfectoral qui interdisait la représentation du spectacle de Dieudonné Le Mur censé se dérouler dès 20h au Zénith de Nantes, jugeant que le spectacle ne peut être regardé comme ayant pour objet essentiel de porter atteinte à la dignité humaine et que le risque de trouble public causé par cette manifestation ne pouvait fonder une mesure aussi radicale que l’interdiction de ce spectacle. En réaction, Manuel Valls saisit immédiatement le juge des référés du Conseil d'État Bernard Stirn. À 18h40, alors que les spectateurs sont rassemblés autour du Zénith, le Conseil d'État annule la décision du tribunal administratif.

QUI EST BERNARD STIRN ?  Il est l’arrière petit-neveu d’Alfred Dreyfus. Né en 1952. Formé à l’ENA, il se trouvera à la tête du cabinet du secrétaire d’Etat Roger-Gérard Schwartzenberg (Mouvement des Radicaux de Gauche) de 1983 à 1984. Son frère aîné Olivier Stirn fut ministre de François Mitterrand et contraint de démissionner en 1990 lorsqu’il fut acquis qu’il avait recruté contre rémunération l’essentiel du public d’un colloque sur l’avenir de la gauche. Ce public avait été embauché jusque 18h et la salle fut laissée quasi vide à 18h15 alors qu’un orateur tenait toujours le micro. Il a appartenu à la quasi-totalité des organisations politiques du système : UDR, UDF, PS, MDR, UMP. Il est membre du comité France-Israël. (Sources pour ce paragraphe : Médias-Presse-Infos, Pierre-Alain Depauw, 13 janvier 2014).

C’est la première fois en France qu’on interdit le spectacle d’un humoriste, et qu’on le fait à priori, avant même qu’il n’ait été joué. Et c’est aussi la première fois qu’un juge du conseil d’état annule en moins de 5 heures la décision d’un tribunal administratif.

AUTRE RÉALITÉ QU’ON NE PEUT PAS IGNORER CONCERNANT LA FRANCE EN 2014 : LA RÉÉDITION DE CINQ LIVRES A ÉTÉ ARBITRAIREMENT INTERDITE À LA VENTE, ALORS QUE CES OUVRAGES EXISTENT CHEZ DIVERS AUTRES ÉDITEURS (DEPUIS DES DÉCENNIES POUR CERTAINS) ET FONT PARTIE DE L’HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE : « LE SALUT PAR LES JUIFS » DE LÉON BLOY, « LE JUIF INTERNATIONAL » D'HENRY FORD, « LA FRANCE JUIVE » D'ÉDOUARD DRUMONT, « LA CONTROVERSE DE SION » DE DOUGLAS REED, ET « L'ANTHOLOGIE DES PROPOS CONTRE LES JUIFS, LE JUDAÏSME ET LE SIONISME » DE PAUL-ÉRIC BLANRUE (OUVRAGE COMPILANT LES DÉCLARATIONS CRITIQUES SUR LES JUIFS DE GRANDES PERSONNALITÉS DE LA POLITIQUE ET DE LA LITTÉRATURE AU COURS DES SIÈCLES JUSQU’À AUJOURD’HUI, OUVRAGE DONT LA PREMIÈRE ÉDITION EN 2007 AUX ÉDITIONS BLANCHE AVAIT REÇU UN BON ACCUEIL, JAMAIS CONDAMNÉE, ET PRÉFACÉE PAR LE TRÈS MÉDIATIQUE YANN MOIX - LE PRIX RENAUDOT 2013 -).

QUE CEUX QUI PENSENT AVEC RAISON QU’UN ÉTAT N’EST PLUS UNE DÉMOCRATIE À PARTIR DU MOMENT OÙ IL FAIT BRÛLER OU INTERDIRE DES LIVRES ET DES SPECTACLES, QUE CEUX-LÀ EN TIRENT LES CONCLUSIONS QUI CONVIENNENT CONCERNANT LA VRAIE DÉRIVE TOTALITAIRE DU RÉGIME POLITIQUE EN FRANCE (AVEC LES SOCIALISTES AUJOURD'HUI, OU L'UMP HIER).



DÉRIVE TOTALITAIRE DE LA GOUVERNANCE FRANÇAISE
 ET VRAI VISAGE DE NOTRE « RÉPUBLIQUE » FAISANDÉE 
(LISTE ÉLABORÉE PAR MES SOINS) 

- Le président Hollande décide en mars 2013 de gouverner le plus possible par décrets et ordonnances afin d'éviter de passer par la loi du parlement.

- Il entérine l’article 35 de la constitution qui permet de se passer habillement de l’aval d’une assemblée démocratique lorsque l’on veut faire la guerre à un pays légitime. Le président Hollande a ainsi failli récemment déclencher rien de moins que LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE sans l’accord des parlementaires, en voulant s’attaquer militairement à la Syrie début septembre 2013 (et, par ricochets inévitables, à son puissant allié la Russie). Il a en tout déclenché deux guerres, aux implications catastrophiques plus légères heureusement, si ce n’est qu’elles ravivent la délétère Françafrique néocoloniale (au Mali en janvier 2013 et dans la Centre Afrique en novembre 2013).

- Il souhaite désigner (et non plus élire) les représentants aux prud’hommes en supprimant l'élection par les salariés des conseillers prud'homaux, pour la remplacer par une désignation par les organisations syndicales et patronales (dont on connait hélas leurs connivences). 

- Il valide (plutôt que le condamner) le Patriot Act de l’Empire américain (cette surveillance illégale d’Internet et des téléphones mobiles à l’échelle mondiale), ayant dans un premier temps surjoué l’indignation ex æquo avec son ami le sinistre Ministre des affaires étrangères Laurent Fabius. Avant, dans un deuxième temps, de s’en inspirer pour la « loi de Programmation militaire, article 20 » (votée le 18 décembre 2013) et le « projet de loi relatif à la géolocalisation » (adopté le 20 janvier 2014 au Sénat), lois scélérates qui permettent de surveiller sans entraves, et sans l’intervention d’un juge, tous les citoyens de France, comme dans la plus belle des dictatures. Le Patriot Act français, en quelque sorte.

- Il ordonne la dissolution totalement arbitraire et scandaleuse d’organisations dissidentes nationalistes, prenant prétexte d’un banal fait divers dont elles ne sont pourtant en rien responsables (« l’affaire » Méric, gonflée par les médias bobos aux ordres du pouvoir).

- Il impose le mariage gay et ses corollaires : l’adoption pour les couples homosexuels (et les monstrueuses GPA/PMA à venir), ainsi que la scandaleuse idéologie du genreet ce malgré d’immenses manifestations de refus d’une grande partie du peuple, des gens issus de toutes origines et de toutes chapelles réunis pour clamer leur opposition à cette loi libérale-libertaire-capitaliste dont l’essence est à l’opposé des valeurs millénaires de la France.  Une loi qualifiée avec raison par ses défenseurs de « changement de civilisation », et qui pourtant sera traitée au parlement comme un vulgaire amendement concernant la modification du taux de TVA ! Pour ce bouleversement de société et de civilisation, la moindre des choses démocratiques (dans un pays libre) aurait été de consulter le peuple par référendum. De plus, ceux qui ont élu François Hollande au mois de mai 2012 (en lui donnant une bien courte majorité très relative) ne l’ont certainement pas fait pour des questions telles que le mariage gay, il faudrait être d’une incroyable mauvaise foi pour oser prétendre le contraire.

- Il valide plus que jamais la liberticide loi Fabius-Gayssot (loi pourtant réfutée et jugée délétère par la plupart des historiens, et un grand nombre d’hommes politiques, d’intellectuels et d’écrivains) qui permet de jeter en prison parfois pour plusieurs années (!!!!) des chercheurs dissidents ayant commis le crime de contester certains éléments historiques officiels de la seconde guerre mondiale.

 - Il décide le 4 décembre 2013 la pénalisation des clients de prostituées malgré la vive désapprobation des principales intéressées (et des associations qui les protègent et les suivent). Avec une amende de 1500 euros dans un premier temps, suivie d’une autre de 3750 euros en cas de récidive (peines accompagnées d’un « stage » obligatoire de rééducation quasi-stalinien, présenté comme une « sensibilisation aux conditions d’exercice de la prostitution »). Avec ce type de lois ubuesques on constate à quel point les élites au pouvoir (en général) et le président Hollande (en particulier) sont coupés de la réalité et du bon sens. Et l’on est amené à se demander de quelle nature est fait le terreau d’où a germé cette décision hallucinante : le totalitarisme, ou la seule incompétence ? 

- Enfin, comme rappelé plus haut, il fait interdire par le biais de son ministre de l’intérieur les spectacles d’un humoriste français très populaire et interdit la réédition de livres polémiques (autodafé moderne qui fait l’économie de bûchers, ces derniers jugés sans doute trop polluants et dommageables pour la planète car accélérant l’effet de serre et la couche d’ozone).

Ces faits indiquant le niveau de totalitarisme en France sont ceux qui me sont venus à l’esprit spontanément, mais je doute que ma liste soit exhaustive. Hélas. À vous de la compléter.


LA CHUTE DE MANUEL VALLS DANS LES SONDAGES,
 À GAUCHE COMME À DROITE.
 ET LA CHUTE EST GÉNÉRALISÉE.


« C’est la première fois depuis plus d’un an et demi que Manuel Valls perd la première place », rappelle Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, qui parle de « tournant ». « ll perd surtout à droite », relève Frédéric Dabi concernant l’étude de l’Ifop. C’est la fin de l’exception Valls auprès des sympathisants de droite. Il perd 16 points à l’UMP. Mais les points se perdent aussi à gauche, très attachée à la liberté d’expression. Dans l’étude Ipsos, il perd ainsi 6 points chez les sympathisants socialistes. Et comble de l’ironie, c’est de la part de Jack Lang, celui qui le détrône dans le baromètre Ifop, qu’est venue la charge la plus lourde. L’ancien ministre de la Culture a estimé que « ...la décision du conseil d’Etat (interdisant le spectacle de Dieudonné, NDLR) est une profonde régression... ». (Sources concernant le sondage : Europe 1.fr - 14 janvier 2014).


UNE VIDÉO QUI A LE MÉRITE D’ÊTRE EXPLICITE (« QUAND MÊME ! »)



REMARQUE FRAPPÉE AU COIN DU BON SENS



Ça commencera comme ça, par une indiscipline. Un risque pris par l’homme, envers lui-même. Un jour il sera seul de nouveau, avec son malheur, et son bonheur, mais qui lui viendront de lui-même. Peut-être que ceux qui se tireront de ce pas seront les héros de l’avenir. C’est très possible. Espérons qu’il y en aura encore. Je me souviens avoir lu dans le livre d’un auteur allemand de l’entre-deux-guerres, je me souviens du titre, « Le dernier civil » de Ernst Glaeser : ça, j’avais lu ça. Que lorsque la liberté aurait déserté le monde, il resterait toujours un homme pour en rêver. Je crois… je crois que c’est déjà commencé, même. Marguerite Duras, 1985.


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