lundi 16 juillet 2012

Anthropologie sur une plage en juillet avec Fabrice Luchini (ou l’art de l’enlevage de tee-shirt comme signal de la déglingue totale impliquant l’affirmation d’une rupture déprimante sur le groupe). L'aspirine et le Lexomil ne sont pas fournis.





















FABRICE LUCHINI EST FILMÉ SUR UNE PLAGE ALORS QU'IL REGARDE LA MER ET LES TOURISTES...


« Ah, ça y est c'est fini ! C'est fini l'île de Ré !
Les maisons ont baissé. Là, les bourges qui ont acheté ici sont niqués.
Il y a des skis, c'est niqué. C'est la fin !
Regarde, regarde ! Tu me diras, ils ne font pas trop de bruit [en parlant des jet-skis].
Moi, j'ai la zon-mai à l'île de Ré, j'crache pas sur la pe-sou.
J'dis pas « ces bourges » comme tous ces acteurs qui disent « ces bourgeois ignobles »... Eh bien t'en fait partie, gros con !
Pff, moi, j'en fait partie… C'est pour ça que je vis avec une légère inquiétude la progression de Besancenot.
J'avoue qu'une dictature du prolétariat, du moment qu'ils me laissent au moins ma zon-mai dans le 9ème, j'veux bien.
Qu'ils me bectent celle-là, qu'ils me bectent… bon, bah voilà, il faudra se soumettre au bien collectif.

Je suis en train de te dire : non mais il n'y a pas besoin de cracher sur la bourgeoisie, puisque j'te dis : moi je fais partie de la bourgeoisie puisque j'ai accédé à une nouvelle classe sociale.
La bourgeoisie elle est là et puis, bon, si j'avais un amour absolu du prolétariat, bah, je vais à Palavas !
Un jour, on dira : eh bien nous savions comment, dans les années 2000, la bourgeoisie plutôt de droite avec un peu de gauche de temps en temps, voilà comment elle vivaitJe suis Claude Lévi-Strauss, tu vois, ethnologue…».

UN HOMME ACCOMPAGNÉ D’UN GROUPE DE GENS PASSE DANS LE CHAMP DE LA CAMÉRA EN ENLEVANT SON TEE-SHIRT...

« Lui, il a décidé d'enlever le T-shirt, bon, là, il y a eu une décision.
Mais tu vois, tout est mystérieux : pourquoi cet homme a tout d'un coup décidé une déglingue totale ? Il enlève le T-shirt à ce moment là. Tu as vu comme les mecs suivent sans aucune détermination ? D'ailleurs plus personne ne suit, là.
Ils ne savent plus ce qu'il faut faire, mais enfin bon, il va à droite, hyper déprimé.
Tu vois, c'est un bourge mais il a l'air totalement déprimé, il ne sait plus si il faut s'arrêter, pas s'arrêter…
Tiens, eux, ils s'arrêtent, lui il ne veut pas, il y a rupture avec le groupe.
Tu vois, regarde, il a un espèce de gros moment où il dit « non ! », il y a révolte, il veut plus rien, il ne veut même plus qu'on parle, il en peut plus de sa meuf qui parle. L'autre est plus en forme, voilà, il adhère. Mais l'autre, il en a marre. L'autre est en super-dépression.
D'ailleurs, l'acte de désinhibition d'enlever le T-shirt était déjà les premiers symptômes d'une déglingue.
Il est étonnant, hein, le torse nu, hein ?
C'est comme moi, c'est 24 Lexo le matin, il prend quatre somnifères de Stilnox, et regarde, il ne se tient plus debout, regarde, c'est la déglingue !
Bon allez, on s'arrache, moi ça m'déprime, la plage. ».

LE LENDEMAIN, ALORS QUE L’ON VOIT AU LOIN SUR LA PLAGE UN HOMME NU JOUER AU BABINGTON AVEC SA FEMME ET SES ENFANTS...

« Alors là, là, il me dépasse !
Je n'ai aucune grille pour interpréter ce qui se passe-là.
Lui est un excentrique radical, bizarre.
Son gosse, qui pourrait être à poil, a un slip de bain. La femme est habillée, en plus d'un slip de bain, avec un voile vert. Et lui est tout seul, sans aucun sentiment d'obscénité.
Alors là c'est le contraire du dépressif d'hier : il affirme absolument de manière obscène sa singularité.
C'est à dire que lui, il a enlevé le slibard, les deux enfants ont la bite devant eux, il y a sa femme qui a la bite devant elle et lui est ravi.
Alors, interprétation : énorme narcisse, qui est fou de sa bite, et en face des gens très sobres qui rééquilibrent sa folie narcissique en s'habillant énormément. ».


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